Côté Jardins

De catalogue raisonné des expositions
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Fiche signalétique
Titre exact Côté Jardins
Autre titre
Date d'ouverture 1980/12/10
Date de clôture 1981/03/09
Type(s) d'exposition exposition de photographie
Espace(s) d'exposition Galerie de la BPI
Commissaire(s) d'exposition Françoise Giroux
Service(s) initiateur(s) BPI
Affiche


Présentation de l'exposition

Description

"Un fleuve sortait d'Eden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras". Le premier jardin du monde était un paradis, et les hommes en rêvent toujours. Aucune civilisation, depuis l'Egypte ancienne jusqu'à Hollywood, n'a négligé l'art des jardins. Microcosmes de l'unité du monde, lieux de méditation, verts paradis des amours enfantines, terres promises, cimetières, refuges pour les sages, qu'ils soient moines bouddhistes ou disciples du Candide de Voltaire, confidents silencieux des poètes de Ronsard à Werther, divertissements royaux, caprices de mécènes en mal d'exotisme, terrains de jeux pour les enfants, rendez-vous d'amoureux... Les jardins sont les uniques lieux où les hommes ont quelque raison de se comparer à Dieu. Et pourtant, les jardiniers sont les artistes les plus anonymes et les plus méconnus qui soient...

Ceux qui ont dessiné ces jardins orientaux d'où les plantes sont absentes, remplacées par des rochers et des ruisseaux de sable ratissé parce que la croissance des arbres et des fleurs est un élément de distraction qui nuit à la méditation ; ceux qui ont dessiné des fontaines pour les parcs princiers de l'Europe baroque ; ces nobles égyptiens qui exigeaient que leur tombeau soit entouré d'un jardin orné de cerises "rouges comme rubis" pour s'y promener après leur mort ; ces princes florentins qui étageaient de verdoyantes terrasses sur les coteaux de la Toscane ; ces riches Anglais qui faisaient du désordre une science poétique... Tous révèlent la façon dont les hommes de leur temps concevaient les liens entre l'art et la nature.

D'ailleurs les jardins sont souvent le comble de l'artifice, plus sophistiqué qu'une toile de maître ; il faut dire que les jardiniers n'ont jamais eu à se soucier des questions qui agitent les peintres et les photographes ; ils ne se sont jamais demandé s'il fallait ou non reproduire la réalité, puisque la réalité elle-même était leur matériau. "Un grand rosier croissait à l'entrée du jardin, écrit Lewis Caroll : les roses qu'ils donnait étaient blanches, mais trois jardiniers s'affairaient à les peindre en rouge"...

Les quatre-vingts photographies de jardins français d'Edouard Boubat, Claude Caroly, Bernard Descamps, Françoise Huguier, Francis Jalain et Joëlle Mayer, rendant hommage à ses créateurs modestes et malicieux de bonheurs éphémères. Les jardins ont mille visages, selon l'heure du jour, la saison, la qualité de la lumière. On croit les connaître, mais ils échappent toujours, comme les gens. C'est pourquoi ces photographies sont aussi émouvantes que des photographies de visages : les jardins peuvent être vulnérables, passionnés, apaisés ou angoissés. Cette exposition est une irrésistible invitation au voyage, tant il est vrai que les photographies, si belles soient-elles, sont malheureusement impuissantes à capturer les cris d'oiseaux, le ruissellement des fontaines ou l'odeur des pruniers en fleurs après la pluie. [1]







Organisation

Equipe


Partenaires


Itinérances



Budget




Expôts


Artistes et oeuvres exposés


Documents exposés


Autres objets exposés


Public et médiation






Manifestations en relation



Production éditoriale et supports de communication

OUDIN (JEROME), Coté Jardins, éd. CENTRE GEORGES POMPIDOU (1980). [AFFICHE] Localisation : Archives du Centre Pompidou sous la cote AF 9300358.


Archives, sources primaires


Bibliographie



Notes

  1. Catherine David in Sauf Mardi n. 47, 17 décembre-29 décembre 1980, Centre Georges Pompidou, Paris, 1980